Press coverage

December 22, 2025
Tout ce que l’on ne veut surtout pas savoir sur le racisme

« C'est raciste de compter les Noirs dans une soirée, non ? Ou c'est le contraire ? » Quelles stratégies développent les personnes blanches pour ne pas se confronter au racisme ? Comment apprend-on à ignorer ce qui crève les yeux ? Que camouflent les grandes déclarations de fraternité : « On est tous pareils », « Je ne fais jamais attention à la couleur » ou « Les races n’existent pas » ? Ne pas savoir est-il un privilège ? Pour désigner cette tendance collective à l’aveuglement, le philosophe américain Charles Mills, auteur du Contrat racial, a créé la notion « d’ignorance blanche ». Un grand défrichage historique qui fait apparaître peu à peu l’ignorance blanche comme un apprentissage, un système où se mêlent déni, dissonance cognitive, fausses croyances et bons sentiments pour maintenir l’ordre établi et les privilèges. Avec : - Solène Brun, auteure de La domination blanche, Ed. Textuel, 2024. Elle est sociologue et chargée de recherche au CNRS. - Amandine Gay, scénariste, réalisatrice et auteure de Vivre, libre, Ed. La Découverte, 2025. - Carole Reynaud-Paligot, auteure de La République raciale, Ed. Puf, 2021 et Comment devient-on raciste ?, Ed. Casterman, 2021. Elle enseigne l’histoire et la sociologie à l’Université de Bourgogne. - Maboula Soumahoro, auteure de Le Triangle et l'Hexagone, Ed. La Découverte, 2020, dans lequel elle développe la notion de “charge raciale” — dont elle est à l’origine. Elle est maîtresse de conférence en civilisation américaine à l'Université François Rabelais à Tours. - Et le témoignage d’Adélaïde D.

October 30, 2025
Vivre plutôt que survivre (dans un monde raciste)

Cet épisode est très spécial pour moi. Huit ans après son mythique passage dans La Poudre Amandine Gay, réalisatrice et autrice, vient parler santé mentale dans Folie Douce ! Moi qui suit attentivement toutes ses productions depuis des années, j’ai été soufflée par son dernier essai : Vivre, libre - Exister au cœur de la suprématie blanche (ed. La Découverte). Notre conversation prend au pied de la lettre ce slogan féministe : l’intime est TELLEMENT politique ! Comme elle en rit dans l’épisode, des personnes “noires adoptées, bisexuelles et dans une trajectoire sociale ascendante”, comme elle, il n’y en pas tant ! Pourtant, de son parcours unique, elle tire des axes universels concernant la violence raciale. Elle qui a longtemps tenu un carnet appelé “La Blanchisserie” dans lequel elle consignait toutes les agressions racistes comme une trace de sa non-paranoïa. Notre échange porte surtout sur sa thérapie, d’abord en TCC puis en psychanalyse, au Canada et France, et son apprentissage du repos (écoutez ses conseils pour trouver lae bon psy quand est une personne racisé!). Sa conclusion : vivre une vie heureuse et longue - et ne pas survivre - en tant que femme noire c’est un geste de résistance politique. Je me reconnais dans tout ce qu’elle décrit de son parcours de rétablissement et de la nécessité de retrouver de l’agentivité dans nos traumas. On a vraiment de la chance d’avoir Amandine dans nos vies et nos luttes !

August 19, 2025
« Avoir raison avec… bell hooks » (Épisode 2/5 : Une icône du féminisme noir)

Comment bell hooks inclut les femmes noires dans le féminisme pour le révolutionner. Pour en parler Pamela Ohene-Nyako est docteure en histoire et post doctorante au LAM (les Afriques dans le Monde) de Sciences Po Bordeaux. Elle est créatrice de la plateforme Afrolitt une plateforme littéraire bilingue dont le but est la promotion et la réflexion critique autour de la littérature produite par les personnes d’ascendance africaine. Marie-Julie Chalu est comédienne, créatrice d’événements et de projets culturels. Depuis 2015, elle mène un parcours d’interprète avec plusieurs compagnies de théâtre dont mkcd, la ktha ou la Collective Ces Filles-Là. Elle fonde la plateforme créative ico·no·cl·a·ste en 2014 qui héberge les projets culturels afropea, Zouk Vintage et NOIR CINEMA et produit le spectacle À nos humanités révoltées à partir du recueil éponyme de la poétesse afroféministe Kiyémis. Elle a également participé au documentaire d’Amandine Gay Ouvrir la voix (2016), sur les femmes noires issues de l’histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles. Elle s’intéresse de manière générale aux cultures (afro)diasporiques, aux utopies et archives marginales. Amandine Gay partage son temps entre création et plaidoyer. Réalisatrice et productrice (Ouvrir la voix, 2017 ; Une histoire à soi, 2021), elle est aussi activiste (cofondatrice du Mois des Adopté·es en 2018) et autrice (Une poupée en chocolat, 2021). En 2025, elle réalise Ballroom, la première série documentaire sur cet univers en France, produite pour France Télévisions. Elle est active sur les réseaux : @orpheonegra.

September 20, 2021
Avec “Une poupée en chocolat”, Amandine Gay politise la question de l’adoption

La réalisatrice et militante afroféministe Amandine Gay signe un essai autobiographique pour repenser l’adoption. Sortie prévue le 23 septembre. On l’avait découverte en 2017 avec Ouvrir la voix, un beau documentaire donnant la parole à une vingtaine de femmes noires issues de l’histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles. Depuis, Amandine Gay est repassée derrière la caméra pour Une histoire à soi (2021), un film qui, tout en retraçant le parcours de cinq personnes adoptées, questionnait les représentations normées de la famille. Un sujet “politique” que la réalisatrice, femme noire née sous X et adoptée par un couple de personnes blanches et françaises à l’âge de 4 mois, aborde également dans Une poupée en chocolat, son premier livre. Dans cet essai autobiographique passionnant elle montre à quel point l’adoption est un “phénomène traversé par de multiples enjeux de pouvoir”, évoquant des sujets ayant trait à l’hybridité des identités, la filiation ou encore la négrophobie. Tout en dévoilant sa quête pour retracer son passé et son histoire familiale – les passages où l’autrice finit par obtenir quelques informations sur sa mère “de naissance” sont très émouvants -, Amandine Gay analyse ainsi plus globalement les discriminations subies par les personnes adoptées, mais aussi par leurs mères biologiques.